Alzheimer: L’apport des TIC

On estime qu’en 2020 une personne sur quatre de plus de 65 ans sera touchée par la maladie d’Alzheimer. En attendant que la recherche médicale puisse guérir ou prévenir cette maladie, il semble naturel de se tourner vers la technologie pour aider les malades et leurs proches, voire même pour retarder la progression de la maladie. Toutefois, le problème n’est pas simple puisque les malades sont généralement des personnes âgées souvent concernées par d’autres difficultés liées au vieillissement et elles sont probablement peu habituées aux nouvelles technologies. En outre, ces facilités devraient s’adapter tant à l’aspect dégénératif de la maladie qu’au vieillissement, avoir un coût raisonnable et être acceptées par toutes les personnes concernées (aidants, proches, soignants…). L’équation est d’autant plus complexe que la maladie est encore fort méconnue et prend des formes très variables d’un individu à l’autre.
Néanmoins, l’informatique et les nouvelles technologies (smartphone, smarthome, réseaux sociaux, objets connectés…) peuvent déjà apporter des solutions concrètes à différents égards, que ce soit dans le domaine de la santé (suivi, rappel des soins, etc), des loisirs (jeux adaptés, multi-utilisateurs), de la stimulation sensorielle et intellectuelle, de l’aide à l’orientation dans le temps et l’espace (localisation, guidage, information ambiante…), du maintien à domicile, de la communication, de la vie sociale, de la sécurité, sans oublier l’assistance des aidants et autres proches. Parfois, ces technologies viennent en complément d’aides liées au seul problème du vieillissement, comme l’adaptation aux personnes démentes d’appareillages conçus pour les personnes âgées (fauteuils électriques, téléphones, plans de cuisson…). Elles peuvent être des alternatives intéressantes à des mesures de placement, de contention, ou de médicalisation mais aussi soulager les aidants en conférant davantage d’autonomie au malade. A contrario, certaines solutions solliciteront davantage les proches voire le malade et nécessiteront donc une attention particulière avant l’adoption. Il en va de même pour les applications dont dépendrait le bien-être de la personne. Leur sûreté de fonctionnement devra être évaluée avec soin. Le souci est encore plus grand lorsque des objets connectés sont utilisés. De même, lorsque des solutions collectent des informations ou utilisent le « cloud », il est nécessaire de connaître les garanties apportées concernant la protection des données personnelles. Enfin, certaines applications nécessiteront une immixtion dans l’intimité du malade (vidéo surveillance, géolocalisation, contrôle à distance…). Il sera dès lors indispensable de les questionner sur le plan éthique et plus que jamais d’avoir le consentement éclairé du malade. 
 
Article paru dans Bloc Note n° 100 de la ligue Alzheimer.
Décembre 2017

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