Qu’il est contrariant de devoir se conformer au Droit…

Cet article fait suite à cet article de presse : https://www.7sur7.be/belgique/frank-vandenbroucke-denonce-un-fondamentalisme-de-la-vie-privee~ac80f568/

Private area (https://pixabay.com/illustrations/sign-garage-garage-door-gate-door-105498/)

Que Monsieur Wouter Beke accepte de partager ses données médicales avec Apple ne justifie aucunement d’en faire une loi générale pour tout le monde. Ce type de raisonnement est simpliste et dangereux.

Actuellement, mon fournisseur d’accès connaît tous les sites WEB que je fréquente, mes contacts téléphoniques et certainement ma localisation en temps réel. Je n’ai pas le choix et c’est certainement nécessaire au bon fonctionnement des services dont je profite. Heureusement, ces informations sont confidentielles, mais concédons qu’elles seraient pourtant bien utiles au gouvernement pour améliorer le tracing, étudier les mécanismes de propagation du SARS-CoV2, contrer le terrorisme, lutter contre la mafia… Les exemples ne manquent pas.

Pourtant, ces données ne sont pas stockées sur un site gouvernemental mais privé et ne peuvent être accédées sans une réquisition d’un juge, dûment motivée, et ce, dans un cadre précis. À ce jour, tout le monde trouvait cela normal et s’en réjouissait. De fait, un État qui aurait accès librement à ces données serait qualifié aujourd’hui, selon nos valeurs démocratiques, d’État totalitaire.

Mais voilà, ces deux ministres justifient ici un mécanisme où l’utilité d’une donnée pour le gouvernement primerait sur la vie privée. Nécessité fait loi semble-t-il. Et le fait qu’un acteur privé ait déjà accès à certaines données justifierait donc que l’on fasse de facto confiance au gouvernement pour se les approprier. Logique, CQFD ! Demain, fort de ce raisonnement, l’État pourrait demander à rapatrier vos données de télécommunication, les contenus de vos mails, de vos blogs, vos fils Twitter, vos abonnements multimédia, etc ainsi que toutes les méta-données qui les accompagnent. Vous faites bien confiance à l’entreprise XYX, ma p’tite dame/mon p’tit monsieur ! Où est donc la limite entre ce qui serait acceptable et ce qui ne le serait pas si l’on s’offusque de l’existence des lois qui nous protègent et encadrent l’usage de ces données ?

Et surtout, ne vous avisez pas de contrarier le Ministre Frank Vandenbroucke en rappelant que ce gouvernement n’est pas au-dessus des lois et qu’il doit rendre des comptes, car vous seriez traité·e de “fondamentaliste” — ita missa est. La sanction est sèche et sans appel : on ne discute pas avec des fondamentalistes, on ne les écoute pas plus. Or, si ces personnes ne sont pas nommées, on devine qu’elles comprennent bon nombre d’académiques, qui se sont toujours exprimés dans les limites de leurs compétences et de manière respectueuse, comme le principe de liberté académique les y invite.

C’est fâcheux et extrêmement préoccupant.

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