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Discours de parrainage de Sebastião Salgado lors de la remise des insignes de Doctorat Honoris Causa à l’UNamur, le 6 mai 2021

Monsieur le Recteur,
Mesdames, Messieurs,
Cher M. Salgado,

Désolé de heurter votre humilité, mais vous êtes assurément l’un des photographes contemporains les plus remarquables. Raison pour laquelle vous êtes ici parmi nous, aujourd’hui. Mais convenez qu’il est difficile de présenter votre œuvre en quelques minutes tellement celle-ci est riche ! Alors tentons plutôt de découvrir quel est l’homme qui se cache derrière ces photos. J’espère que vous me pardonnerez les quelques approximations.

[Photo 001 – 1984, une femme maigre, agonise par terre, un camp Éthiopie]

Éthiopie, 1984. Une femme a réuni tout son courage pour arriver dans un camp, dans un état d’épuisement total. Elle mourra quelques jours après, peut-on lire. Sebastião Salgado le sait, car cette dame n’était pas un prétexte à une bonne photo, mais une Personne à part entière dont il se souciait.

Vous êtes un homme profondément humain et sensible avant d’être un photographe, M. Salgado.

[Photo 002 – 1985 – un père porte son enfant, Éthiopie, camp de 70000 personnes]

Soudan, 1985. Regardez bien Sebastião Salgado, il est au premier plan, genou en terre, à 2 mètres de ce père qui porte son enfant agonisant et fuyant l’Érythrée. Ce père poursuit son chemin sans lui prêter attention, il n’est pourtant pas invisible. Il est juste des leurs, et comment l’être sinon qu’en étant en empathie totale ?

Vous êtes en empathie avec chaque personne que vous photographiez, M. Salgado.

[Photo 003 – Gold, photo de la carrière ]

Brésil,1986. Sebastião Salgado se tient sur le bord d’une carrière où l’on extrait de l’or. La scène ressemble à une fourmilière. Les fourmis vont et viennent dans un ballet parfaitement orchestré.

[Photo 004… – Gold , Salgado parmi la chaîne humaine]

Zoomons un peu, il est là, non à côté d’eux cette fois-ci, mais parmi eux, avec eux. Il ne porte pas de sac d’or, mais un sac photo et déclenche sur le vif, il faut faire vite, avancer ou chuter. Sebastião Salgado n’est pas un mineur d’or, mais de photos, de souffrances.

Vous êtes un homme audacieux, M. Salgado.

[Photo 005 – Gold, un policier menaçant avec une arme]

Autre scène. Un policier tente de rétablir l’ordre. C’est l’une des très rares photos dans toute son œuvre où l’on voit une personne armée.

Vous avez une aversion absolue pour la violence, M. Salgado. Seules les victimes importent à vos yeux.

[Photo 006 – marche des paysans]

Brésil, 1996. Dans Sahel ou Exodes, Sebastião Salgado accompagne des hommes et des femmes fuyant la misère sous toutes ses formes. Cette photo est exceptionnelle, car ici, les paysans ne fuient pas, mais marchent pour revendiquer des terres. Juste revanche, car cela se passe dans son Brésil natal. J’imagine sa joie, voire sa jubilation à ce moment, car cela doit résonner avec ses premiers engagements politiques, au Brésil, sous la dictature.

Vous êtes un être profondément engagé, M. Salgado

[Photo 007 – des enfants derrière une grille]

Hong-Kong, 1995. Nous sommes dans un camp de détention avec 11000 Vietnamiens dont 40% d’enfants. Au Sahel, les enfants étaient fatigués, las ou mourant. Ici la photo est assourdissante, chaque grain argentique se fait hurlant. Le photographe ne peut être qu’éploré et doit se penser bien impuissant.

Les enfants occupent une place prépondérante dans votre vie, M. Salgado, vous qui avez été ambassadeur de l’Unicef et qui leur avez dédié un livre entier.

[Photo 008 – le couple en marche, 1997]

République Démocratique du Congo, 1997. Ici le sujet n’est pas l’enfant, mais un couple. Le décor est épuré et ne laisse transparaître que l’amour indéfectible d’un couple. Cherchez donc l’espoir dans cette photo, je ne l’ai pas trouvé. Le drame est celui du génocide au Rwanda. Est-ce un couple Tutsi, Hutu, ou autre ? Sebastião Salgado n’en a cure, ce sont juste une femme et un homme en détresse. Cette détresse, vous l’avez faite vôtre, mais Personne ne sort indemne de cette violence, même pas, ou plutôt, surtout pas Sebastião Salgado.

Vous pensez que les hommes appartiennent à une seule humanité, indivisible, M. Salgado.

Puis vient le livre Genesis, fruit de huit ans d’expéditions dans le monde. Il aurait pu s’appeler Renaissance, Résilience ou Espérance. Sebastião Salgado délaisse un peu les courtes focales et recourt davantage au téléobjectif. Il prend un peu de distance, il s’envole en ballon, il navigue en kayak, il glisse en traîneaux et photographie d’abord la nature, mais encore et toujours les Hommes jusqu’aux horizons lointains là où les vents font demi-tour. Mais cette fois-ci, les Hommes sont en paix, le temps paraît suspendu, la nature est en sursis. Sebastião Salgado se fait […]

[Photo 009 – les goélands ]

photographe animalier,

[Photo 010 – la pose Gauguin ]

photographe portraitiste,

[Photo 011 – dunes]

photographe conceptuel,

[Photo 012 – Iceberg Antarctique 2005 ]

et paysagiste, non ce n’est pas un château Cathare surmontant une falaise de craie, mais un iceberg perdu dans l’Antarctique. Admirez la richesse des gris allant du noir au blanc dans la mer, et du blanc au noir dans la neige.

Vous êtes tout à la fois un photographe, un reporter, un aventurier, un artiste, mais également un fin technicien,M. Salgado.

Dans Sahel, les hommes séchaient sous le soleil, dans Genesis, les icebergs fondent. Avec tout son talent, Sebastião Salgado continue encore et toujours à nous alerter.

Vous êtes un lanceur d’alerte. M. Salgado.

Émigré brésilien en France, vous êtes resté un émigré toute votre vie. Vous êtes devenu un Terrien, un citoyen d’une terre sans frontières, l’homme d’une seule civilisation sans races, où vous vous trouvez en parfaite symbiose avec la nature. Ces photos nous ont révélé une part de l’homme et trois périodes cruciales à nos yeux.

La première est celle de l’indignation et de la révolte face à un monde en mutation, où vous témoignez de la souffrance des gens causée par la sécheresse, la guerre, l’industrialisation, …

La deuxième est celle où le sujet pénètre le photographe au point de le meurtrir profondément, les violences des génocides au Rwanda et dans les Balkans viennent à bout de ce que vous pouvez endurer semble-t-il. Votre engagement est tellement profond qu’il est courage, sacrifice, douleur, il blesse votre âme.

La dernière est celle d’une certaine folie… ? Car, oui, seul un fou peut espérer développer un éco-système viable en plantant 2 millions d’arbres de 300 espèces différentes sur une terre devenue complètement aride, la terre de ses parents. Oui, il était fou, mais il ignorait que c’était impossible. Et puis comme toujours, Lelia était là. Alors le miracle eut lieu et l’on réalisa qu’il n’était pas fou. De cette initiative est née également l’Institut Terra, composé de pépinières, d’un centre de formation et même d’un centre de recherche.

Vous êtes donc un doux rêveur, mais avant tout un visionnaire M. Salgado.

Lelia, son épouse, est tellement discrète, qu’il m’est difficile de dresser son portrait et pourtant elle est bien derrière chaque photo. On lit derrière chacun des témoignages de Sebastião Salgado un amour et une reconnaissance infinie pour son aide, son inspiration et son amour.

M. Salgado, nous vous remettrons tantôt un diplôme de papier, mais, soyez rassuré, Mme Lelia Wanick-Salgado recevra également un doctorat honoris causa, celui du cœur, le plus beau assurément.

Mais toi Anne, qu’est qui te touche dans le travail de Sebastião Salgado ?

En fait, votre travail, Monsieur Salgado, m’intéresse depuis longtemps, d’abord en tant qu’historienne des images. Cela fait une dizaine d’années qu’avec des collègues, nous avons créé un groupe de recherche « Histoire, sons et images ». L’HiSI, c’est son nom, part du constat qu’on ne peut pas écrire l’histoire du XXe siècle sans intégrer dans nos sources les caricatures, les photographies, les films, les émissions de radio et de télévision… Autant de documents qui ont capturé et visibilisé des événements mais qui ont aussi donné forme à ce siècle, puisqu’ils ont servi l’expression de régimes autoritaires, de relations personnelles, de logiques de surveillance, de modes vestimentaires ou de mouvements culturels et politiques. Votre œuvre monumentale ne peut que retenir notre attention… parce qu’elle témoigne de pans majeurs de l’histoire mais surtout parce qu’elle met au jour les tensions inhérentes au photojournalisme, depuis son apparition dans l’entre-deux-guerres. Aux confins du reportage et de l’art, les photojournalistes combinent la volonté de porter le regard sur des drames et des populations oubliés, la farouche défense de leur indépendance vis-à-vis de la frénésie journalistique et la recherche d’une esthétique ou d’une dramaturgie qui élève leurs images aux cimaises des musées. Un travail de funambule, en somme, entre logiques de communication, prise de position militante et liberté artistique. Votre travail est une étincelante démonstration de ce délicat exercice. Vos images puisent leur force certes dans les scènes et visages rencontrés mais aussi dans l’acuité du regard et le souci formel que vous leur portez. La photographie est à la fois un document qui, comme une décalcomanie, adhère au réel mais est aussi un témoignage éminemment individuel. En ce sens, elle peut même être rapprochée des sciences humaines qui visent, elles aussi, à porter un regard pénétrant et sagace sur un objet vivant, pour le saisir sans le trahir. Et quand une image est publiée à large échelle, elle a, le pouvoir de nourrir et d’ouvrir les imaginaires collectifs.

La co-construction des images, l’épistémologie des sciences sociales, la mémoire visuelle… c’est bien beau, tout ça… C’est le genre de notion qui m’emballe sincèrement, que j’aime discuter avec mes étudiants, avec mes collègues ; Cependant, il faut s’y résoudre : votre œuvre nous touche bien plus profondément qu’au seul niveau intellectuel. Scruter les détails d’une foule de morses sur la plage ou de la fabrication manuelle et minutieuse du tabac, apprécier les échelles de gris qui donnent une fabuleuse intensité et une incroyable vibration à vos ciels et paysages, percevoir la fatigue extrême d’un mineur à la vue de son dos perclus, croiser le regard sans peur et à jamais mystérieux d’enfants de l’exode, suivre vos indications pour retenir à tout jamais, l’abandon confiant de l’enfant dans les bras de sa mère, au milieu du chaos de la guerre… Quels que soient notre profil, notre histoire personnelle, notre formation disciplinaire, vos photographies élargissent notre expérience du monde, nous mettent en présence de frères et sœurs humains. Personnellement, en tout cas, ces face-à-face me retirent lunettes et armure scientifiques et me touchent en plein cœur. Que dire alors de l’émotion ressentie quand la chance, incroyable, nous est donnée de vous rencontrer. Aujourd’hui encore, je vibre de croiser votre regard qui a vu tant de beauté et d’ignominie ; comme si par réfraction je pouvais y relire, en clair-obscur, les traces de vos explorations. Peut-on seulement expliquer une émotion ? J’y ai réfléchi, je pense pouvoir esquisser une hypothèse. Quand je regarde vos photographies, quand je vous écoute, je suis touchée par la densité de vos images et de vos mots. Cela s’apparente-t-il au dispositif photographique qui, en une fraction de seconde, révèle des réalités pourtant complexes comme des tensions géopolitiques, de processus d’érosion, de longues transhumances… Le haut degré de finition formelle et de concentration de sens ne dote-t-il pas votre œuvre des vertus et de la puissance d’une seule goutte d’huile essentielle ? Vous exprimez, en fait, si simplement cette idée de quintessence et d’entière présence quand vous écoutez intensément votre interlocuteur ou quand vous dites, candide, « je photographie de tout mon cœur ». Un tel engagement nous désarme et nous inspire…

Et toi Vincent qu’en penses tu ?

[transition à Vincent]

Et bien ma chère Anne, depuis son adolescence, Sebastião Salgado est habité par la détermination sans faille de vouloir transformer le monde, de dénoncer la détresse de ces millions de personnes en errance et la perdition des écosystèmes.

Grâce à ses photos, ces personnes n’étaient plus des anonymes perdus dans le désert, dans les mines, dans les champs ou dans les industries, mais elles avaient un visage, parfois même un sourire, elles existaient aux yeux du monde entier et étaient même devenues immortelles, grâce à son abnégation, grâce à son engagement !

Au-delà du témoignage, il est passé à l’action, il a transformé de manière drastique des régions désertiques en écosystèmes luxuriants et viables, mieux, cela est devenu un modèle, une inspiration, bref un espoir avec un grand (E).

Tout cela entre en résonance avec une valeur qui nous habite ici, à l’Université de Namur, la Cura Personalis, le souci de la personne, de chaque personne. En vous remettant ces insignes, M. Salgado, par décence, je pense que nous devons également nous montrer à la hauteur de vos engagements. Que cette soirée soit donc aussi une invitation à nous interroger sur nos engagements, à titre individuel ou comme institution.

[Transition à Anne]

Pour toutes ces raisons, Monsieur le Recteur, Cher Naji, nous avons l’honneur de vous demander d’accorder à M. Sebastião Salgado le grade et les insignes de Docteur Honoris Causa, de l’Université de Namur.

Discours d’hommage à Sebastião Salgado lors de la remise des insignes de Docteur Honoris Causa de l’Université de Namur, 6 mai 2021

Anne Roekens & Vincent Englebert.

Jean Fichefet s’en est allé, ce 1er décembre 2020

Une bien triste nouvelle, ainsi donc même les rocs s’en vont un jour. Jean était de ces forces qui enfoncent les portes tranquillement mais avec une détermination sans faille. Ceci était le discours d’hommage que je lui avais adressé en 2018 lors de la remise du Prix Jean Fichefet pour le meilleur mémoire. Au revoir Jean, tu nous manqueras.

Le moment est donc venu de remettre le prix Fichefet en l’honneur du Professeur Jean Fichefet qui a été un moteur de la vie de la Faculté, en particulier à chacun de ses moments décisifs : depuis sa fondation au début des années 70, en passant par l’extension à Charleroi dans les années 90, ou le lancement de l’Infopôle. J’ai eu le privilège de suivre ses cours et je peux vous dire que, 30 ans après, j’ai encore ses syllabus de recherche opérationnelle et de graphe, je m’étonne qu’il n’ait jamais songé à les éditer vu leur qualité, mais on sait tous que Jean est très discret et modeste. Jean a été un enseignant et un chercheur exemplaire, mais également un roc auquel l’on pouvait arrimer la faculté lors des secousses sismiques de grande magnitude !
Jean, tu nous fais l’honneur d’être présent à chaque séance de diplomation, merci Jean pour tout cela.
C’est donc grâce au fond Jean Fichefet que nous pouvons saluer aujourd’hui des étudiants, qui par leur mémoire de fin d’étude, ont démontré une volonté d’innover, de se dépasser, d’atteindre l’excellence, ou de s’intéresser aux enjeux sociétaux avec toute la rigueur scientifique qui nous caractérise.

Seul.e et moins de 30 minutes, sinon vous serez passé.e par les armes !

Un couple a été repéré par un employé d’une grande surface. Les fâcheux avaient en effet eu la maladresse d’échanger un mot, ce qui n’avait pas échappé à l’œil aguerri d’un employé. Ne doutons pas que ce dernier sera élu employé du mois et montré en exemple.

Mais pourquoi donc ?

Dans le Royaume de Belgique, il est désormais obligatoire de faire ses courses seul.e et ce en moins de 30 minutes chrono. Toute incartade est punie par une amende de 250€ pour le contrevenant et de 750€ pour le magasin!

Cette mesure est contre-productive dans de nombreuses situations. Examinons celle dénoncée plus haut.

Hypothèses.

  1. Soit N le nombre moyen de clients dans le magasin.
  2. On peut raisonnablement penser que l’acquisition d’un meuble ou d’un canapé nécessite l’approbation des membres du foyer.
  3. On peut aussi raisonnablement penser que si un membre de ce foyer est contaminé, les autres le sont également.

Scénario 1. Le couple rentre dans le magasin. Nous avons donc de l’ordre de N personnes devenues suspectes d’avoir été contaminées par le couple. A priori, un couple se déplace de manière grégaire, il n’y a donc pas lieu de penser que le pouvoir contaminant d’un couple est beaucoup plus élevé qu’une personne seule.

Scénario 2. Monsieur rentre dans le magasin, essaye le canapé et ressort afin de permettre à Madame de rentrer et valider l’achat. Nous avons alors de l’ordre de 2*N personnes suspectes.

Ces scénarios s’appliquent à bon nombre d’activités commerciales comme les magasins de bouche, petite restauration, habillement, décoration, électronique, etc. Dès lors, il n’est pas évident du tout que cette règle soit efficace du point de vue sanitaire, et elle est certainement grandement préjudiciable à l’économie en cette période de soldes, car beaucoup préfèrent annuler ou reporter ces types d’achat.

Enfin, il y a la règle des 30 minutes. Pas 31 ou 32, mais TRENTE ! Encore une ineptie. Plusieurs raisons à cela:

  1. Je n’ai pas encore eu connaissance d’un seul magasin appliquant cette règle, tout au plus, certains prient leurs clients de ne pas s’attarder dans le magasin. Or, une loi qui n’est pas appliquée ou respectée est une mauvaise loi.
  2. Je n’ai pas encore vu un seul client chronométrer ses courses, PAS UN. Par contre, certains accélèrent bien le pas.
  3. Ce délai est purement subjectif. Concernant le magasin évoqué plus haut, tout un chacun sait qu’il faut plus de 30 minutes pour parcourir les allées avant de mériter ses huvudroll et que les délais d’attente aux caisses dépassent les 10 minutes dans bien des magasins (j’ai chronométré dans des magasins namurois — la période des vacances a un impact sur le nombre de caissières/caissiers et les soldes attirent davantage de clients, en théorie…).
  4. L’ambiance est devenue tellement morose et anxiogène, fallait-il en rajouter une couche ? Car oui, faire ses courses contre la montre est stressant. Je crains que la santé psychique n’ait pas été prise en compte.

Le texte prévoit également une densité de personnes/m2 maximale, règle qui est généralement appliquée et bien suivie. Dès lors, autoriser la présence de couples pourrait tout au contraire être bénéfique, puisque les couples restent généralement ensemble et contaminent vraisemblablement moins de clients que deux personnes isolées et indépendantes, qui agissent librement dans le magasin. Un manque à gagner pour les magasins ? Peut-être pour les Delhaize, Colruyt, Carrefour & co. mais sont-ce ces enseignes qui souffrent le plus de la crise aujourd’hui ? Et heureusement, nous n’en sommes plus aux foires d’empoigne pour se saisir du dernier sachet de levure ou rouleau de papier WC.

La principale motivation de ces consignes consiste sans doute à réduire le nombre de personnes différentes dans les magasins, et ainsi également la probabilité de voir déambuler des personnes dites “super-contaminantes”. Mais on ignore combien elles sont et le principe semble aussi être sujet à discussion dans les communautés scientifiques. Et soyons de bon compte, s’il faut réduire ce risque, alors il faut généraliser la mesure aux restaurants, cinémas, musées, etc. Ce n’est pas le cas fort heureusement.

Cette règle est également discriminatoire au sein des couples, car les membres d’un foyer ne disposent pas des mêmes facilités pour faire les courses. Elle renforce encore l’isolement social de certain.e.s et rabote les plaisirs du quotidien qui leur restent (beaucoup se privent d’amis, de vacances, voire de collègues puisque le télétravail reste la norme dans bon nombre d’organisations). Il y a aujourd’hui une forme de confinement qui ne dit pas son nom.

Ceci n’est pas un brûlot contre les mesures anti-Covid. Le port du masque, le respect des distances de sécurité, le principe des bulles sont certainement des mesures qui aideront à juguler l’épidémie. Du moins, presque tout le monde en comprend les motivations. La population a en effet été extraordinairement compréhensive et adulte et cela même dans les phases les plus éprouvantes. Mais n’était-il pas possible de se limiter à des recommandations plutôt que d’infantiliser la population en posant ces interdits (les courses seul.e) et des injonctions (<30 minutes) dont les motivations et bénéfices restent très aléatoires, voire douteux ? Ces mesures étaient bien entendu en place dans les premières semaines de la crise, mais la population ne disposait pas de masques, le virus était bien moins connu et la situation bien plus préoccupante. La donne a changé. Des scientifiques, et pas des moindres, contestent cette seconde vague et se montrent plus prudents.

Mais réjouissons-nous ! S’il est interdit aux couples de fréquenter les magasins, vous pouvez toujours vous rendre au restaurant ou au cinéma en amoureux.

Pensées déconfinées

Fond musical

*** le confinement ***

Le confinement, c’est quand tu es heureux d’avoir un fond de roulement pour la farine.
         Mais que tu constates que t’as oublié de faire des provisions de levure.
C’est quand la poste te livre ta tondeuse et que tu retrouves ta dignité.
         Mais que personne ne remarque que tu as une coupe à la brosse, parce que tu ne croises plus personne
C’est quand dès potron-minet, en slip, tu applaudis ton éboueur et qu’il te regarde médusé.
C’est quand ton épouse te dit au revoir en agitant son mouchoir sur le pas de la porte en te rendant au Delhaize.
C’est quand tu es salué en héro au retour du Delhaize par ton épouse
C’est quand ton épouse t’asperge d’eau de javel au retour du Delhaize en te priant d’attendre dehors pendant 4 heures.
C’est quand tu constates que les carrés de sucre ont une odeur de javel.
C’est quand on t’explique que les masques ne sont d’aucune utilité.
C’est quand tu es content d’avoir un stock de papier WC.
         Mais que tu te sens obligé de mentir en disant que toi non plus tu n’as plus de papier WC chez toi.
         Et que tu tires la chasse d’eau à 3 heures du matin pour ne pas éveiller la curiosité des voisins.
C’est quand tes étudiants sont plus assidus à ton cours en vidéoconférence qu’en présentiel.
C’est quand les promeneurs consultent des sites de cuisine chinoise en regardant avidement ton chien lors des promenades.
C’est quand tu éprouves les mêmes sensations qu’un dealer de drogues apercevant un car de policiers parce que t’es assis sur un banc public.
C’est quand tu visites les sites des restos pour entretenir ta mémoire du monde d’avant.
C’est quand t’es heureux de découvrir un mot qui est pas encore dans le dictionnaire : confinement.
C’est quand tu réalises que tu as des acouphènes parce qu’on a sonné à ta porte.
C’est quand ta mère te demande : alors c’est quand que tu viens.
         Que tu lui réponds : c’est interdit.
         Et qu’elle te répond : pourtant y a plein de cyclistes dans la rue.
C’est quand le corps médical découvre que les rages de dents n’étaient en fait qu’une douleur psychosomatique.
C’est quand un pack d’oeufs s’échange contre deux rouleaux de PQ,
         un cube de levure contre un rouleau,
         500gr de macaroni contre 3 rouleaux,
         et un masque FFP2… bin on ne sait pas car on n’en a jamais vus.
C’est quand tu découvres que tu ne savais pas te laver les mains.
C’est quand tu te découvres une passion pour la couture (exclusivement de masques)
         Mais que finalement ton épouse est quand même plus douée pour la couture.
C’est quand tu découvres qu’il y a plus d’épidémiologistes dans ta ville que de médecins généralistes.
C’est quand tu penses regarder un épisode de Captain Caverne1
         alors que t’es en vidéo-conférence avec ton boss.
C’est quand tu tires à pile ou face qui du couple ira faire les courses.

*** le déconfinement ***

Le déconfinement, c’est quand tu te réjouis de pouvoir à nouveau recevoir la visite de 3 amis à domicile,
         Mais que tu n’as qu’un ami.
C’est quand on te dit que tu peux recevoir jusqu’à 9 personnes par semaine
         Mais que tu n’as toujours qu’un seul ami.
C’est quand les restos sont ouverts
         Mais que personne n’ose t’accompagner.
C’est quand tu recherches en vain le petit guide Marabout Flash2 du golf et de la pêche en rivière dans les malles du grenier.
C’est quand on te dit que tu peux prendre tes congés
         Mais uniquement à Bouillon, La Roche et Durbuy
         Et que tout est déjà réservé.
C’est quand tu réalises que tu as eu la vie sauve après avoir croisé un piéton fantôme dans l’allée à sens unique du marché de Namur.
C’est quand tu te demandes depuis combien de jours tu utilises ton masque jetable.
C’est quand t’es heureux de découvrir un mot qui est pas encore dans le dictionnaire : déconfinement.
C’est quand tu as vu tous les films de De Funes.
C’est quand tu tires encore et toujours à pile ou face qui du couple ira faire les courses.
C’est quand tu découvres l’importance de porter un masque, et surtout de ne pas le toucher afin de ne pas te contaminer, de surtout bien le laver à 60° sans adoucissant et qu’il faut le sécher exclusivement au sèche cheveux.
         Mais que Georges-Louis Bouchez t’explique que les masques lavables à 30° fournis par l’état sont tout à fait adaptés et que seule la surface intérieure peut être contaminée.

1Si tu ne connais pas, c’est que tu n’as pas encore atteint l’âge de raison.

2Si tu ne connais pas, c’est que tu n’as pas encore atteint l’âge de raison.

Allocution de la séance de diplomation 2018 Faculté d’informatique

Vous voici tous détenteurs d’un diplôme qui pour certains d’entre vous, vous a permis d’entrer dans la vie active, et pour d’autres d’entamer un nouveau cycle d’études. Ce « bout de papier » serait-il dès lors juste un document administratif, une forme de sésame ? Puisque in fine, vos copies d’examens sont maintenant devenues des documents administratifs aux yeux de la loi, ce diplôme ne serait-il pas devenu ni plus ni moins qu’un document administratif lui aussi ? Il est bien plus que cela à nos yeux. Ce document ne vaut que les compétences dont vous pouvez témoigner aujourd’hui et demain. En signant ce diplôme, moi-même et le recteur, au nom de tous nos collègues académiques et enseignants avons attesté que vous avez acquis toutes les compétences minimales pour être bachelier ou master, et les mots « compétences minimales » signifient bien toutes les compétences nécessaires et non un minimum de compétences.

Par ce diplôme, nous engageons notre responsabilité et nous pouvons vous assurer que cette reconnaissance a été acquise, certes avec humanité, mais sans concession, aucune, sur l’essentiel. Vous pouvez dès lors éprouver énormément de fierté aujourd’hui. Mais attester de compétences n’est pas encore suffisant à nos yeux ! Plus important encore, nous vous demandons de vous souvenir de ce diplôme comme un engagement envers des valeurs humanistes d’empathie, de solidarité, de justice, d’honnêteté, de liberté, et de partage. Tous ces mots qui esquissent la frontière entre le mal et le bien. Demain ce sera votre capacité d’autodétermination qui primera le moment venu et j’espère que nous avons pu être exemplaires sur ces points. Du moins s’y est-on efforcé chaque jour et je profite de l’occasion pour remercier tous vos enseignants.

Quoique l’on pense du décret paysage, on peut lui reconnaître un mérite : vous avez dû obtenir tous les crédits, un à un, UE par UE, à la sueur de votre front ; même au sens littéral du terme lorsque votre chambre ou votre bureau, en pleine session, affichait une température qui permettait de cuire un saumon à basse température, si si ! L’exercice n’a pas toujours été facile, et j’ai ici une pensée toute particulière pour nos étudiants en horaire décalé ou en master de spécialisation qui ont dû concilier vie professionnelle, vie de famille et vie académique tout à la fois. Mais la vie d’un étudiant en jour n’est pas toujours simple non plus, certains étudiants ont connu des situations douloureuses ou dû aussi travailler pour financer leurs études. J’ai aussi une pensée pour ces personnes étrangères qui ont trouvé refuge dans notre pays et décidé de reprendre leurs études, à qui je souhaite beaucoup de courage et un plein succès. J’espère qu’ils nous rejoindront sur ces bancs bientôt.

Beaucoup d’entre vous sont maintenant pleinement engagés dans la vie active, dans des domaines aussi variés que l’analyse, le développement, la sécurité, l’audit, ou la conception de SI ; mais certains d’entre vous travaillent certainement déjà sur des projets ayant trait à l’Intelligence Artificielle, ce domaine d’étude si fascinant puisqu’il évoque de vieux fantasmes, comme celui de nous voir devenir les Prométhée d’une nouvelle ère. En effet, ne serions-nous pas, nous informaticiens, en train de créer une nouvelle branche de la phylogénie, qui serait le fruit exclusif de notre intelligence ? Une entité faite de silicium, capable d’apprendre, de raisonner, que l’on pourrait même qualifier de sensible, puisque capable de sentir, voir, entendre, et mesurer. Elle peut également agir, les robots en sont un bel exemple. Toutefois, certains redoutent que l’IA ne devienne plus intelligente que nous ou accapare nos libertés. Elle serait donc néfaste et certains préconisent même d’arrêter les recherches en IA. Vous avez encore pu entendre ou lire ces propos dernièrement dans la presse.

Tout un chacun qui a un tant soit peu programmé devrait bien sûr s’étonner du caractère « intelligent » que l’on confère si rapidement à l’IA. Elle reste et restera un automate savant, qui étonne ses contemporains par ses prouesses, mais qui sera sans doute juste une curiosité pour nos petits-enfants, tout comme l’est devenue « la bombe » de Turing dont on connaît l’importance dans l’issue de la Seconde Guerre mondiale. L’automate a beau être paré d’habits ravissants et d’un beau masque, ses dessous sont faits de paille et d’une armature en balsa ; et c’est là tout le génie des informaticiens, en réalité. Cet automate savant est toutefoisriche de promessespour l’humanité. Dernièrement, une IA au MIT a été capable d’énoncer de nouvelles lois en physique, l’IA peut prévenir des cataclysmes ou des pandémies, elle peut nous aider à faire émerger des vérités ou des lois enfouies dans ces données que nous produisons et stockons. Dans notre vie de tous les jours, elle peut redonner de l’autonomie aux personnes handicapées, permettre à des personnes de différentes cultures de communiquer ensemble, ou de venir compléter des dispositifs pédagogiques. Ainsi, prétendre que l’IA est néfaste est donc réducteur et erroné même s’il est vrai que certains usages sont grandement discutables ! Lorsqu’on installe l’IA dans les prétoires à de seules fins d’économie, lorsqu’on envisage des enseignements sans enseignants, des hôpitaux sans médecins, ou des armées de robots, qui est coupable ? Sinon le politique, les entreprises ou nous-mêmes par notre passivité ou crédulité ? Mais est-il bien correct de faire le procès de l’IA ? N’est-ce pas là se tromper de combat et commettre une grave erreur ?

En fait, dès ses balbutiements, l’informatique a été utilisée tantôt pour le meilleur et tantôt pour le pire. Pour le meilleur, par exemple, en contribuant à la défaite du nazisme avec les travaux de Turing, ou pour le pire en aidant le régime nazi à gérer les camps de concentration avec la machine à tabulation d’IBM. C’est ici la responsabilité des hommes et de la société en général qui est en jeu. Il est vrai que la puissance de cet « automate savant » est maintenant tellement démultipliée que nous devons encore davantage rester vigilants pour que notre science ou notre art contribue exclusivement à la construction d’un monde meilleur.

Tant que nous aurons conscience que l’IA n’est qu’un « automate savant », avec ses limitations et ses biais, nous pourrons rester critiques. Le périls’installera lorsque nous, la collectivité, baisserons notre garde et lui confierons notre destin aveuglément, par paresse ou par lassitude, par excès de confiance, ou par manque de civisme ou d’éducation. Aussi, je voudrais ici saluer les efforts de mes collègues qui œuvrent à l’éducation des enfants dès le plus jeune âge, par la « déconstruction » de l’IA pour mieux la comprendre ou la maîtriser. Je voudrais saluer aussi nos autorités d’avoir initié une grande réflexion sur l’ouverture des cursus universitaires au fait numérique. Le travail ne sera pas facile, mais il est entamé. Et je peux vous annoncer que l’Université sera aussi partenaire d’un grand salon sur le numérique et la pédagogie qui se tiendra au Palais des expositions de Namur où nous attendons 3000 enseignants du primaire et du secondaire ; d’autres initiatives du même genre sont également en chantier. En effet, l’éducation reste le meilleur outil pour prévenir les dérives évoquées plus haut.

Alors, oui plus que jamais, vous avez maintenant une responsabilité décuplée lorsque vous concevrez, utiliserez, achèterez, ou déploierez des systèmes à base d’IA, et ce afin que l’IA serve au mieux l’humanité. Mais vous êtes prêts et nous n’en doutons pas.

Namur, le 9 novembre 2018.

Alzheimer: L’apport des TIC

On estime qu’en 2020 une personne sur quatre de plus de 65 ans sera touchée par la maladie d’Alzheimer. En attendant que la recherche médicale puisse guérir ou prévenir cette maladie, il semble naturel de se tourner vers la technologie pour aider les malades et leurs proches, voire même pour retarder la progression de la maladie. Toutefois, le problème n’est pas simple puisque les malades sont généralement des personnes âgées souvent concernées par d’autres difficultés liées au vieillissement et elles sont probablement peu habituées aux nouvelles technologies. En outre, ces facilités devraient s’adapter tant à l’aspect dégénératif de la maladie qu’au vieillissement, avoir un coût raisonnable et être acceptées par toutes les personnes concernées (aidants, proches, soignants…). L’équation est d’autant plus complexe que la maladie est encore fort méconnue et prend des formes très variables d’un individu à l’autre.
Néanmoins, l’informatique et les nouvelles technologies (smartphone, smarthome, réseaux sociaux, objets connectés…) peuvent déjà apporter des solutions concrètes à différents égards, que ce soit dans le domaine de la santé (suivi, rappel des soins, etc), des loisirs (jeux adaptés, multi-utilisateurs), de la stimulation sensorielle et intellectuelle, de l’aide à l’orientation dans le temps et l’espace (localisation, guidage, information ambiante…), du maintien à domicile, de la communication, de la vie sociale, de la sécurité, sans oublier l’assistance des aidants et autres proches. Parfois, ces technologies viennent en complément d’aides liées au seul problème du vieillissement, comme l’adaptation aux personnes démentes d’appareillages conçus pour les personnes âgées (fauteuils électriques, téléphones, plans de cuisson…). Elles peuvent être des alternatives intéressantes à des mesures de placement, de contention, ou de médicalisation mais aussi soulager les aidants en conférant davantage d’autonomie au malade. A contrario, certaines solutions solliciteront davantage les proches voire le malade et nécessiteront donc une attention particulière avant l’adoption. Il en va de même pour les applications dont dépendrait le bien-être de la personne. Leur sûreté de fonctionnement devra être évaluée avec soin. Le souci est encore plus grand lorsque des objets connectés sont utilisés. De même, lorsque des solutions collectent des informations ou utilisent le « cloud », il est nécessaire de connaître les garanties apportées concernant la protection des données personnelles. Enfin, certaines applications nécessiteront une immixtion dans l’intimité du malade (vidéo surveillance, géolocalisation, contrôle à distance…). Il sera dès lors indispensable de les questionner sur le plan éthique et plus que jamais d’avoir le consentement éclairé du malade. 
 
Article paru dans Bloc Note n° 100 de la ligue Alzheimer.
Décembre 2017

Réparer les connecteurs d’un viseur à prisme AE (ME) pour Bronica SQ-AI

Votre posemètre de votre viseur AE affiche insolemment ERR et toutes les manipulations préconisées par le mode d’emploi n’y changent rien… oh désespoir. Les griffes de contact de votre viseur avec les broches en laiton du dos sont sans doute devenues trop lâches avec le temps et ne font plus contact. Cela empêche le dos de communiquer la sensibilité du film au viseur… Si elles font un petit bruit de cliquetis en retournant le viseur, alors ne cherchez plus !
Pas de panique, la réparation est assez simple.
Le seul outil nécessaire à cette manipulation est un petit tournevis cruciforme PH#00 que l’on trouve dans les magasins de bricolage.
  1. Placez le viseur face à vous et retourné sur le dos, avec l’oculaire vers vous [Image 1].
  2. Vous voyez alors les deux griffes de contact, installées dans une plaque fixée sur le viseur.
  3. Enlevez les 4 vis à chaque coin de cette petite plaque (sans toucher aux autres vis) [Image 1: les autre flèches]. Prélevez-les et rangez les précieusement dans un boitier.
  4. Soulevez la plaque de vous vers le fond (sud vers nord) et non latéralement (est-ouest) ! Procédez doucement mais pas de panique, l’intérieur est bien fixé et aucun ressort ne va sortir tel un un diable de sa boîte [image 2, 3].
  5. Le couvercle ainsi démonté et retourné fait apparaître deux lames en forme de L fixées chacune par une vis [images 4, 5, 6]. Desserrez chaque vis sans les enlever et vous pourrez faire pivoter les lames vers l’extérieur. Ces lames devraient normalement appuyer sur les griffes sous les encoches en plastic mais avec le temps, elles se sont distendues et un jeu s’est installé. Une fois pivotées, vous pourrez les remettre à plat en appuyant doucement dessus et les remettre en place. Vérifiez bien que les lames appuient maintenant bien sur les griffes et que ces dernières sont poussées par les lames.
  6. Resserrez les vis au dessus des lames et remontez le cache sur le prisme. 
  7. L’opération est terminée.
Après avoir remonté le prisme sur votre Bronica, le message ERR devrait avoir disparu. Cela marche aussi pour les viseurs ME.

Cette notice est largement inspirée de cette page: https://www.photography-forum.org/threads/bronica-sq-me-prism-finder-fix.139050/

Image 1. Le viseur retourné, viseur vers vous, avec les quatre  vis à démonter. On voit les deux griffes au milieu.

Image 2. Zoom sur la plaque à enlever.

Image 3. La plaque est démontée.

Image 4. La lame de droite avec la vis à desserrer.

Image 5. Lame de gauche.

Image 6. Vue d’ensemble.